Une charge élevée au travail est-elle source d’épuisement ou d’épanouissement?

introspectionimagebloguePeu d’emploi requiert, en cette période d’austérité, une charge faible de travail. Qui n’a jamais dit : « Grosse semaine, je suis débordée. » Selon les études de Karasek et Theorell (1990) il est possible d’avoir une charge élevée au travail et être épanouie. La charge de travail se définit par la charge quantitative que nécessitent le travail, les exigences intellectuelles et par les contraintes de temps. La charge élevée doit cependant respecter des critères afin de demeurer une source d’épanouissement et non d’épuisement. D’abord, le cadre de travail dans lequel l’employé évolue doit bénéficier d’une certaine latitude décisionnelle, soit d’autonomie dans la réalisation de ses tâches. L’autonomie correspond à accorder une marge de manœuvre à l’employé. À titre d’exemple, un employeur pourrait partager à son employé le résultat souhaité dans un délai précis en lui laissant la possibilité de réaliser cet objectif de la façon qu’il préfère. En effet, un professeur se doit de respecter un programme pédagogique et des plages de temps pré-déterminés, cependant il dispose de latitude quant à la saveur personnalisée qu’il souhaite donner à ses stratégies d’enseignement. Selon Karasek (1985), plus un individu a de latitude décisionnelle ou du contrôle sur son travail, moins il a de risques de développer des problèmes de santé. Toutefois, afin de garder un équilibre, l’employé doit disposer d’un infaillible soutien. Ce soutien social peut provenir d’un collègue ou d’un supérieur immédiat et revêtir différents aspects. On peut le retrouver entre autres dans soutien de nature informationnelle qui se résume par les conseils d’autrui ou encore d’un soutien de nature émotionnelle se traduisant sous forme de propos rassurants venant d’un tiers.

Plusieurs chercheurs appuient l’importance de l’autonomie dans la réalisation des tâches au travail en lien avec l’épanouissement au travail tels qu’ Hackman et Oldham (1976) qui misent aussi sur l’enjeu de 5 déterminants reliés à la tâche dans le sentiment d’accomplissement. Entre autres, la valeur de la tâche. En pouvant mesurer l’incidence ou le résultat de sa contribution sur l’organisation, l’employé favorisera l’atteinte de ses objectifs dans un climat potentiellement positif

Se sentir débordé résulte de plusieurs caractéristiques reliées à la charge de travail. La connaissance et la prise en compte de ces caractéristiques par l’employeur et l’employé peuvent transformer la dynamique d’épuisement en épanouissement au travail.

Somme toute, il faut retenir qu’une charge élevée de travail peut-être tolérée si l’employé bénéficie:

• d’une autonomie élevée dans sa tâche,
• d’un soutien de la part de son supérieur et de ses collègues,
• et enfin, que la tâche réalisée ait une valeur, un sens pour l’employé.

Patricia Lemyre et Andrée-Ann Deschênes, février 2016